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Je joue avec les mots

Je joue avec les mots Je les mêle et les démêle, Je les crie, je les jettent Je les fredonne doucement Je jongle avec les maux Je m'emmêle les pinceaux Je me jette dans une quête Eperdue... de bons moments

Ladybird

Mon ami

Il était là Assis près de moi Main dans la main A atténuer mon chagrin Il était là Ce matin là Il a vu que ça n'allait pas Il m'a prise dans ses bras C'était mon ami Et il l'avait compris Il savait tout ce qu'il y avait dans mon coeur Il savait apaiser mes pleurs et ma peur Il ni avait pas de sentiments méchants Pas de sentiments désobligeant Il m'aimait mon ami Je l'aimais mon ami Mais aimer sans aimer Aimer le sentiment amitier Pas par amour ça ne vallait pas le détour Tout simplement un amour amitier Que ni lui ni moi ne voulais gacher Il le savait Je le savais Et cela nous suffisait S'aimer par amitier Sans aucunes arrières pensées krista....
krista

Ce soir, ailleurs...

Ce soir, comme chaque soir, j'ai envie d'être ailleurs. Remplir un sac, prendre un train, partir. Fuir. J'aimerais retrouver ma liberté, mon insouciance, ma légereté.
Et l'odeur de ce wagon qui m'emmenait vers la Serbie.



Marianne

Quelques grammes de sucre

Fin d’après midi. Périphérie Lyonnaise. Un supermarché. Une ruche de clientèle affairée. Les caisses enregistreuses émettent des sons de soucoupes volantes et les files de clients patientent. Je suis dans l’une d’elles. A l’autre extrémité, une femme d’une quarantaine d’années, range précipitamment ses achats dans un cabas. Deux fillettes, sœurs entre elles vraisemblablement, surveillent les gestes de leur mère. L’ainée porte sur son visage une année de plus que l’âge de raison. La plus jeune se dandine gauchement d’une jambe sur l’autre. Une impatience enfantine l’anime. Son visage est rond, doux, coiffés d’une chevelure brune et nattée. Ses yeux verts lumière portent la fatigue de l’anxiété des adultes. Sa bouche, de temps à autre, sursaute, comme mue par une vaine parole, trop retenue.

Soudain, avec la vivacité de l’éclair, elle fait un pas vers sa mère affairée, et jette comme dans le vent et les yeux fixés nulle part : « On pourra aller s’amuser après ? ». Le cri qui jaillit est guttural. Eclair de violence. Brutal. Implacable. Un jet de lave : « Tu arrêtes ou je te tue ! ». La vie est secouée. Même les caisses enregistreuses se sont étranglées. Le temps s’est effacé. Le visage de l’enfant est devenu un bloc de marbre. Pierre de tombe. Le corps de l’enfant s’est raidi tel un corps emprisonné dans la lave. Mes yeux cherchent au loin ceux de la fillette. Ils n’y sont plus. Leur orée reste sèche. Deux secondes interminables s’écoulent dans chacune des têtes adultes présentes. Dans la mienne, un chaos. Le brouhaha du magasin réinvestit l’atmosphère. La mère reprend son rangement. La petite tourne son corps vers la vitre. Vers l’extérieur du magasin. Sa sœur s’est détournée.
Une femme au visage ridé s’approche de la petite. Elle l’extrait de sa solitude, une sucette à la main. Sans sourire, sa main enfantine saisit lentement le bonbon. Le marbre est si lent à se réchauffer. Quelques minutes de plus, puis la mère interpelle ses filles. Elles sortent du magasin, la mère devant, la petite derrière. Je n’aurai pas bougé. Je n’aurai rien dis. Je n’aurai rien fais. Je me sens terriblement lâche. Un sentiment violent de honte m’envahit. Je regarde doucement cette femme à la sucette. Elle semble paisible dans son attitude.
Juste un tour de clé dans une serrure qui libère à peine une porte que l’on venait de claquer ... qui libère un jeune coeur qui demandait à être aimer.

William Fautetaire

J'ai peur mais je vis

J’ai peur. J’ai peur du noir et du SIDA. J’ai peur que le soleil explose. J’ai peur de la famine et des bombes nucléaires. J’ai peur des étrangers, des SDF, des sans-papiers, des Chinois, des clandestins, des talibans, des extrémistes, des fanatiques, des pédophiles, des meurtriers, des voleurs, des violeurs. J’ai peur des politiques qui mentent, des PDG qui détournent des fonds. J’ai peur du vide, des ruptures d’anévrisme, du cancer de la thyroïde, des piqûres d’insectes. J’ai peur des chiens qui tuent des enfants, des enfants qui tiennent tête à leurs parents. J’ai peur de la folie, de la pauvreté, des attentats, du pétrole, de la solitude, du CO2, de la mélamine dans les croquettes pour chien. J’ai peur du micro-onde, du téléphone portable, des avions, des accidents de la route, des os de poulet, de la télé. J’ai peur de mourir, de souffrir, de devenir parent, d’être foudroyée, renversée, ruinée. J’ai peur des gens, de l’orage, des araignées, de la nuit, du réchauffement climatique. J’ai peur. J’ai peur d’être vieille, d’être grosse, de perdre mes dents. J’ai peur de mes cheveux dans le lavabo. J’ai peur des inondations, des feux de forêts, des Tsunami. J’ai peur de l’argent. J’ai peur de l’Iran, des Etats-Unis, de la Corée du Nord, des médias, d’Internet. J’ai peur de la drogue, de la cigarette, du sexe, de la violence à la télé. J’ai peur des fuites de gaz, des accidents domestiques, des chauffards, des alcooliques. J’ai peur du pouvoir, des responsabilités, de l’hypocrisie, de TF1, de la prostitution, des explosions, de la science, de Dieu… J’ai peur de mourir un jour…

Mais alors, pourquoi je vis ? Pourquoi je reste ici ? Si j’ai si peur, pourquoi je me tire pas une balle dans la tête tout de suite ? J’oubliais…j’ai peur du suicide aussi… Alors, qu’est-ce qui me motive le matin ? Qu’est-ce qui fait que je marche, que je m’habille, que je mange et respire ? Pourquoi un tel entrain à vivre quand on a tant peur de mourir ?
Je vis. Je vis parce que j’aime, je suis amoureuse. Je vis parce que les tartines beurrées, les séries télé, les desserts sucrés. Je vis parce que l’art, le cinéma, parce que ma mère, mon père, mon frère. Je vis parce que les manchots empereurs, les croissants, l’écriture, la musique, les marguerites, le vernis à ongle à paillettes. Je vis parce que mes amis, les gâteaux à la patate douce, parce que Time’s Up, les rêves, les enfants polis. Je vis parce que le vert, le pâté aux pommes de terre de Mamie, parce que Mamie, et Papy. Je vis parce que mon avenir est avec lui, parce que son rire, ses bras, ses fesses, ses joues. Je vis. Je vis parce que le Nutella, George Clooney, les petits Pimousse, Noël. Je vis parce que les fantasmes, le hasard, les peignoirs chauds après la douche, le chocolat à 70%, les miettes de pain, la piscine, les dictées de Bernard Pivot. Je vis parce que je ris, je cours, je mange, déguste, me délecte, écris, caresse, susurre, explore, découvre, jouis, enlace, embrasse, souris, ronge, boude, ronchonne, m’énerve, m’engueule, hurle, épile, rêve, réfléchis, observe, jubile… Je vis parce que ça dissimule ma peur. Vivre est le meilleur remède à la peur de mourir.

Clo

Je suis adulte !

Bon on a décidé que c'était la dernière, j'ai passé une excellente aprés-midi même si elle n'a pas été très productive... Je ne sais pas si c'était vraiment la dernière, mais on a (malheureusement ?) décidé de devenir adultes...
Mais c'est bien l'innocence aussi ! On verra bien si on reste sages, parce que c'est quand même marrant de faire les animaux sauvages...
élodie

Crois-moi Petite

Crois-moi petite. C’est con comme on s’attache quand on est p’tit A la première qui passe et qui est jolie Oui dès le plus jeune âge nos sentiments Pour la vie nous engagent inconsciemment. Une nuit d’insomnie bien entendu Avec moi dans mon lit j'l’ai apperçue Timide, fidèle et sage, j’ai refusé Aguichante et volage, elle a gagné.
Première fois avec elle je fus déçu. Pas assez naturelle et trop charnue Ma mère en était folle et me disait Si tu la perds mon chou faut pas pleurer C’est con comme on s’attache quand on est p’tit Aux choses qu’on nous arrache quand on grandit Je n’avais que deux ans et quelques dents Des années j’en ai trente maintenant. Depuis longtemps ma belle j’t’ai remplacée Par une blonde que j’fume comme un pompier Crois-moi petite Si je t’attrape je te mords Rit pas trop vite Si tu m’échappes. J’te jette un sort Pardon petite C’est une question de vie ou d’mort. Depuis toujours toi dans ma bouche je m’endors.
Arnaud Badiou

11 marches à descendre

Chaque jour où j’arpente ces trottoirs parisiens je compte le temps qui me sépare de Lyon l’impétueuse.
Chaque pas, chaque seconde, me rapprochent de Lyon la résistante.
Chaque pensée, chaque envie, se tournent vers Lyon l’insoumise.



C.L.

Piaf dans le métro

Parce qu'un homme sifflait "La vie en rose" dans un métro bondé... parce que le métro lui-même est tout rose en ce moment... parce que ce décalage m'a fait sourire... parce que, du coup, j'ai fredonné cette mélodie... ... et bien moi aussi j'ai vu la vie en rose!

A. M

Espoir

Je joins le texte d'Espoir ci dessus. Je met mon Espoir en chacun de vous, qui lisez ce texte. C'EST TOUT CE QUE JE PEUX DIRE.
50-Life.doc
50Day

Cri n°29-Obtention

Ceci peut-il exprimer une journée ? Je me pose encore la question, à vous de décider...



Iocubus

Petite chronique d'un blog annoncé

Un petit moment suspendu, dans un bureau, ce mardi 27 novembre 2007
"C'est quoi cette catégorie ?"
"T'as vu la photo ?"
"C'est joli"
"C'est bien écrit"
"C'est court"
Une drôle d'expérience collective dans un bureau
Un bureau de filles ça parle beaucoup,
Ça rigole parfois
Et ça boit de temps en temps
Ca boit pour fêter la victoire
Mais quelle victoire ?
Celle de cette mémoire d'un jour encapsulée pour l'éternité (?) dans la mémoire de la bibliothèque de Lyon ?
La victoire d'un travail collectif, accompli dans des délais record
La victoire d'avoir travaillé ensemble pour un petit morceau d'éternité !
Une belle histoire, une belle victoire !

Madeleine

Je suis une feuille dans le vent

A défaut d'un texte flamboyant. Je lis dans le tram "One Man Show" de Nicolas Fargues, un livre de 2002.
Si je ne me retrouve pas dans le personnage, il me questionne beaucoup. La cartouche d'encre est périmée. Je la ramène au service informatique. Ils ne sont pas là. Tant pis.
Pendant une réunion de responsables. Nous discutons des congés de Noël. Ca ne vas pas. Tout le monde veut prendre la semaine 52, celle qui commence le jour de Noël et finit au jour de l'an. La réunion est terminée.
Je suis en retard. Une personne m'a remplacé. Je la remercie et me mets au travail. Je dois faire une formation à propos d'internet. Cela se passe très bien. Je montre à la personne comment se créer une boîte aux lettres électronique. J'ai mûrement réfléchi à propos de quel service de mail lui proposer. Je lui propose Gmail, la plate-forme de Google (idée étrange : se souviendra-t'on de Google comme je me souviens de Denis Diderot ?). J'ai des scrupules à lui présenter un outil qui ne respecte pas les données confidentielles de ses usagers. Mais il est très heureux de ce que je lui montre.
J'y pense encore maintenant. Elle prépare une soupe de légumes. J'ai les mains encore glacées de leur séjour dehors. Je déteste les haikus.

Nicolas Bravais

Ce 27 nov. 2007

Voilà de quoi innover. En cette fin de novembre. De quelques vers. Tout intérioriser. Sur mon clavier.
Nove Nova Novae. Quoi de neuf. Sous les étoiles. Trois fois rien. Sinon d’arriver jusqu'à 27. En ce neuvième mois de l’an 2007.
Et c’est par un heureux hasard. Que réserve l’écriture. Que je retombe sur Dante. Pour une seconde fois dans ma vie Universalis en lien Vita nova. Et d’apprendre. Que c’est au chapitre XXIX. Que toute signification est dévoilée. Sur ce, qui se régit par 9 Il faudra bien que je me décide à le lire.
Renaissance. Ou fin d’un monde. L’avenir nous délivrera Ligne 30, titre non compris. http://paquetdart.over-blog.com/

KROICHVILI Agnan

La Source

- Alors comment tu te sens ?
- Waou ! J'ai vu une lumière au bout du tunnel... elle m'attirait, j'ai résité...
- C'est donc vrai ! à quoi il ressemblait ce tunnel ?
- Acier riveté, aucune soudure... des gens entraient et sortaient
- Et toi t'es ressorti...
- Et moi je suis ressorti.



gotobc

Les carnets 30/40

Je ne suis pas né un 27 novembre. Je ne connais même personne qui soit né à cette date. J’ai consigné pendant dix ans, entre autres choses, de la manière la plus exhaustive possible, les noms et prénoms des personnes que je rencontrais, avec lesquelles je discutais, et dont je connaissais nécessairement le nom et le prénom, mais pas la date de naissance. L’ensemble de ces données a été mise à jour et publiée régulièrement, sous le titre des Carnets 30/40. Plus tard j’ai réalisé, dans le cadre d'un travail intitulé "un Temps soit Peu..." une courte vidéo de passants anonymes dans laquelle j’ ai intégré les noms et prénoms de ces personnes rencontrées. C’est ce travail que je livre aujourd’hui, sous la forme d’un fichier Flash assez fortement compressé pour respecter les consignes proposées par les organisateurs et rester sous la barre des 5 Mo. Il suffit de cliquer sur l’image pour voir surgir puis disparaître de manière aléatoire des couples de noms et de prénoms… peut-être les votres…




Liev

Un jour, j'saurai écrire. Ouais.

Une journée comme les autres, ce 26 novembre. Retour de la fac, j'ai passé la matinée à la bibliothèque, je n'ai pas avancé. Les gens se succèdent, les enseignes, les panneaux. Et là, je vois une annonce pour demain, soyez chroniqueur d'un jour? N'oublie pas, ça va te changer de ton blog, ouais, mon gars.
Effectivement, ça me change. Le 27 novembre ne sera donc pas un jour comme les autres. Je suis là, à ma table, j'écris sans trop me préoccuper de ce que je vais bien raconter. L'écriture, c'est une des choses les plus personnelles qui soient. L'écrivaillon que je suis tente de vivre à travers ces mots. L'écrivaillon pense.
C'est quoi le 27 novembre? Ah, l'anniversaire d'un ami, j'n'ai pas oublié, merci. Des cours barbants. Je n'aime pas la filliaire que j'ai choisi. Histoire. Peuh ! J'aurais aussi bien pu faire tout ça moi-même. Moi, j'veux savoir écrire, bien écrire. Je pense à mon frère, lui qui voulait qu'un jour son nom soit dans un dictionnaire, il est bien parti pour. Je me contenterai d'un nom sur une couverture si je pouvais, j'pense. Le mot est la plus belle chose que l'on ait. Malheureusement massacré, estropié, martyrisé, écartelé. Quel dommage.
Voilà. 27 novembre, conscience que le mot est beau. Lyon, merci pour ça. 3000 caractères. Hop, m'en reste encore 1705. C'est fou, hein? Enfin, c'est ça, la trace que je vais laisser? Allez, le texte est le testament de l'âme après tout, donc rédigeons bien. C'est ce que je vais laisser à la postérité. Ah, c'est marrant d'imaginer qu'en 2097, y'aura peut-être un clampin pour trouver ce message. Qu'est-ce que je peux te dire, à toi ?
Probablement pas que je suis ton père, tu es trop jeune, Luke. J'espère simplement que les mots ont encore une valeur à ton époque, que le vocabulaire est toujours riche et que certains s'escriment à le maintenir à un niveau convenable. Je crois que le fléau de notre temps, c'est le SMS !
Ah, il fait froid à Lyon en ce 27 novembre, le froid me rappelle mon premier rendez-vous amoureux, maladroit que j'étais. À la fois le plus beau jour et le plus triste de ma vie.
Ca n'a pas eu de suite, du moins, pas aussi forte qu'espérée. C'est la vie, 'faut croire. Hey, p'tit gars, tu fais quoi, toi ? Ouais, je te parle, note que je n'ai que ça à faire, et puis bon, c'est agréable un texte intéractif. Navré, j'ai pas assez de caractères pour faire un texte dont tu es le héros, mais ça me botte pas mal comme idée, à garder ! Plus que 553...
Bah, il va bien falloir que je m'en aille de toute façon, les réponses pour l'interrogation d'art médiéval qui m'attend jeudi ne vont pas s'improviser d'elles-mêmes. Enfin, je crois? Ah, ce serait bien une muse. Si, j'en ai une, elle est bien feignante, mais au moins, elle m'a permi d'écrire et de voir ce message. Vive le 27 novembre, alors. À dans un an peut-être? Promis, j'aurai un truc intéressant à dire (je te raconterai mes histoires de coeur, hein?), porte-toi bien d'ici, là, lectrice, lecteur.
Coconuts

Contribuons

Il faut contribuer... Par habitude je contribue, mais contribuer est il bien raisonnable en un temps où il faut surtout retribuer? Vous me direz je m'égare! Vous ne me direz rien du tout car je suis ici pour écrire et non pour être lu ou lire les autres. c'est un mode d'expression un rien proche des adorateurs d'Onan ! Mais là je fais cuistre.
Donc je disais, ou plutôt j'écrivais contribuons. Je paye donc un tribu, un don, un rien, pour cette mémoire qui devrait être fugace. Savez-vous que je suis surveillé pendant que je blogue ? En fait on surveille ma contribution, une sorte de contrôle fiscal du blog. On se demande si je blogue sérieusement ou si je blague.
Moi (moi, moi toujours ce moi au coeur du blog !) je suis plutôt du côté blague, mais blaguer pour l'éternité il n'y a plus de quoi rire! Et pourtant le rire est un morceau d'éternité. Bon j'arrête là en me disant que pour mon premier blog c'est pas mal d'autant que l'on me demande de travailler au lieu de bloguer.
Ceci était ma contribution!
Grosriri

Épuisement

6h30, le réveil sonne
Un pied, deux, dans le noir jusqu'à la salle-de-bain. Lumière, vision brouillée, Oublions le miroir pour l'heure. Douche, Stop, Linge, Friction peau cheveux.
Habillage, Entartage de crème énergique sur le visage, lourdement inspiré par le sifflement du vent dans les interstices de la façade. Salle-de-bain quittée pour le salon où le chien entame sa danse rituelle de bienvenue.
Une caresse, chaussures, manteau, laisse, clé, sac-à-crotte, c'est parti pour la balade matinale, 6h43. Il fait nuit, un froid sec nous accueille. Un flot de voitures interrompt notre chemin. Attente du bonhomme rouge, pour finalement se voir accorder, par la trêve des roulants, une dérogation toute personnelle. Sur l'autre rive, le chien est lancé machinalement, mû par la routine.
Il renifle les signes des plus matinaux, se dégourdit les pattes avant de s'enquérir d'un coin sûr où se soulager. L'amas de feuille a bien souvent ses faveurs, l'art d'uriner dans ses pattes en les gardant au sec.
6h54
mi-balade
On est dans les temps. Après une salutation courtoise aux travailleurs matinaux de la voirie, amorce du tour du pâté de maisons, droite toute. L'immeuble en ligne de mire. Dernière chance pour le chien de se délester pour la journée. Position de largage dans le caniveau, effacement de toute trace d'un coup de sac-à-crotte. Sur la fin du trajet, une légère petite faim commence à se faire sentir. On accélère le rythme.
7h02
Libération du furet, désharnachage du chien qui se réfugie dans son panier avec une chaussette. Radio, thé, lait-pomme, flocon d'avoine. La gavage commence, partagé par le furet qui lape dans le bol. 20 min de mastication obsessionnelle.
7h20
Brossage de dent. À quatre pattes, la tête dans la cage : nettoyage de la litière du furet. Lui court, ratasse, explore, pousse les couverts séchant sur le rebord dans l'évier dans un fracas mobilisateur (c'est sans doute bien là le but recherché).
7h40
vaisselle
7h50
bus
Toujours la même place, au fond dos à la route, bien calée, dégainage du bouquin, plongée de 20 min hors du temps, dans l'ignorance totale du flot qui s'agite, monte, descend... piquage de nez dans les lignes qui rattrapent péniblement la lectrice dans leur filet. Capitulation, livre fermé, rangé, l'arrêt final est attendu passivement. 8h15, le voilà, rejetée à la rue, marche vive de 10 min qui éveille avant de voir le mouvement délaissé pour une activité mentale dans un bureau qualifié par les collègues de couveuse du fait de sa température jugée par certains excessive qui sied pourtant parfaitement à une posture statique de 7h30. Je me fige donc.
Camila

Une petite poésie

VIE QUOTIDIENNE D'UN HOMME
Il court, il fait le tour le tour, mais dans la cour la cour,
il fait l'amour l'amour,
et le coeur lourd coeur lourd, mais quel labour ! labour,
sur le pourtour pourtour, mais en plein jour plein jour,
dans la basse-cour basse-cour, oui celle qui bourre ! qui bourre,
comme un balourd balourd, qui comme un sourd un sourd,
qui lui autour autour, fait le contour contour,
sur quoi il court il court, il fait le tour...



Moréna V

COKLIKO

COKLIKO « C’est ouvert….c’est houx vert…. -Houx vert ou coquelicot ?... -Va tirer la langue la fleur fragile à Noël !..Va trouver l’temps rude !..Le froid marche au pas à l’approche de Noël. L’hiver n’offre guère de ce rouge-ci ma bonne Dame ! Z’êtes trompée de saison !... -Mais y’en n’a plus ..de saisons !... -Donnez-moi de ce carmin-là et je vous promets mille baisers…J’vous dis Madame que c’est ouvert…et que j’ai du houx vert. Le seul rouge sera celui de ces perles-là qui se cachent derrière les pics..Pic vert…Pic vert de mon cœur qui cogne…car le coquelicot que je vois moi, Madame, c’est celui de votre bouche trop fardée. -Fardé vous-même !!!Z’avez-vu votre nez ? -Ben, c’est l’hiver, c’est le froid ma Bonne Dame ; faut pas ridiculiser un pauv’ clown comme moi..Savez ben que derrière le nez rouge se cache un cœur fragile…Comme une boule de neige qu’on agite pour s’émerveiller…Z’êtes entrée dans ma boutique ma P’tite Dame. Il y neigeait du froid. Mes fleurs piquaient du nez. Z’êtes entrée dans ma boutique ma P’tite Dame, et c’est Garance au paradis que j’ai devant mes yeux !....Mes quinquets s’affolent, mon cœur bat la chamade, et voilà-t’y pas que c’est pas du houx vert que vous voulez mais des coquelicots !...J’craquerais bien une allumette comme la petite fille gelée pour les faire apparaître vos fleurs impossibles…J’mettrais bien le feu aux poudres….Et d’ailleurs…poudrez-vous Madame, z’êtes toute chiffonnée ; le froid d’la rue vous a fouetté les joues….Cachez-moi ce rouge que je ne saurais voir…C’est ben ça qu’ils disent non ?...Z’êtes marrante tiens…Z’êtes exigeante même….J’suis pas magicien moi. Les contes c’est bon pour les enfants, c’est comme cette histoire de Noël. Moi j’vends juste du houx..pour qu’on s’embrasse dessous…Mais que vois-je ?...Vous rougissez ?!....Diable !...Cré nom de diou !...Le pourpre vous envahit donc…Z’êtes marrante tiens…V’nez près de moi que je vous enlace…V’nez près de moi que je vous embrasse…Vous rougissez p’tite Dame...Ou bien est-ce le froid ?....Entrez dans ma boutique…Y’a que du houx à vendre….J’vais vous offrir le rouge de ses billes….le piquant de son vert…Déposez sur mon nez le bécot de votr’ bouche, fragile coquelicot qui je le crois fait mouche !.... »

patachou

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No commentaire La Fabrique à Musées Patricia Carmona-Luquet



La Fabrique à Musées - Patricia Carmona-Luquet

Up to date

13 h., j’ouvre.
-Monsieur Paniaga, blindages, serrures.
Un dépliant, un bras tendu.
Petit-fils d’émigrés républicains espagnols ?Je lui dis ou pas que la publicité est interdite dans l’immeuble ?
-Non merci.
Sèchement. 13 h 01, je ferme la porte.
Ce que j’aurais aimé lui dire si j’avais osé:
Paniagua ? Pain et eau, quel beau nom multiséculaire d’agriculteurs.
Tout en pensant avec un brin de tristesse :
Un« Commercial » ça doit sidérer pas mal d’aïeux dans vos molécules, monsieur » Paniaga »à la française, dommage…

Annie Salager

François Cini mène un recherche permanente sur la matière urbaine.

"François Cini mène un recherche permanente sur la matière urbaine. Les notions de quartiers, de territoires, les modes de déplacement urbain, le bâti, l'habitant, sont au coeur de sa réflexion et de son travail plastique.
Il réalise des interventions par la mise en jeu du corps comme élément perturbateur dans des contextes de mobilité. Il procède par ailleurs à des prélèvements (dessin, photographie, écriture) pour ensuite proposer des situations de décalage réinjectables dans le réel.
Il s'agit de proposer par son propre comportement une réappropriation de l'espace public, un regard « idréaliste » tentant de revigorer le quotidien de notre environnement urbain."
Fichier en pdf

L'été est loin

L'été est loin

J'avais dressé une chaise de fer
dans le jardin de Victor

elle a plié sans rompre
sous un vent sauvage

nous avons dû la reprendre
la re-dresser elle
figure dans le ciel
de maintenant
elle guette
regardée par le chat

cette mésaventure est
parmi mes aventures
intellectuelles
une des belles
leçons



Dominique BLAISE

( épisode relaté dans la revue NOTES : Note sur la Guetteuse - 24 juillet 2007 )

http://www.notesbulletin.net/note.php?note=96

00h00 le 27novembre 2007, Brèves de comptoir,

Après l’angoisse de la page blanche, l’angoisse de la conférence où il ne viendra personne, voici arriver l’angoisse du blog vide de contributions, on n’ avait pas encore connu ça… Eh oui vous l’avez deviné je fais partie de ceux qui ont imaginé cette expérience, celui par qui tout est arrivé , celui dont on a voulu à tout prix fêter l’anniversaire avec un très beau cadeau.
« un blog d’un jour pour toujours » C’est quand même pas mal un peu comme « reine d’un jour » Alors je resterais coller derrière cet écran, ils vont bien contribuer tous ceux qui m’ont croisé un jour sur le net…ceux sur qui on est sur de pouvoir toujours compter, qui nous disent mais oui c’est génial cette idée, on ne va manquer d’y participer…
ET alors nouvelle angoisse c’est pas un peu désuet le blog, on aurait mieux fait de choisir Second Life, là on aurait du beau monde avatars et compagnie…. Non non c’est plus très fashion, il paraîtrait même que c’est surfait, Oui mais alors Facebook c’aurait été vraiment mieux…tout ce qui compte du net y est, bon on aura encore loupé le réseau …. Puis ce nom Lyon27novembre2007.org trop long…non ???? Allez on a pas tous les jours 10 ans …. mais on n’a surtout rarement l’honneur d’être archivé dans un lieu aussi prestigieux que la BM de Lyon.
Merci pour ce bel anniversaire !
Merci à tous ceux qui nous l’ont offert et qui y ont contribué..

DF

Ce n'est pas un sujet...

Ce n'est pas un sujet d' actualité que je vous propose mais l' histoire véritable d' un personnage hors du commun que j' ai connu lorsque j' étais enfant.

Il m' impressionnait...Je l' admirais ! Et lui rendre hommage, aujourd' hui, c' est le remercier de ce qu'il m'a, à son insu, apporté : le goût d' entreprendre qui est bien le meilleur moyen d' améliorer sa condition première.

Aurait-il sa place aujourd' hui dans notre société de consommation ?

Sous quel statut ? De marginal ? De squatter ? De clandestin ?

C' était, un "sans papier" avant l' heure qui a vécu paisiblement, heureusement, au milieu du siècle dernier dans une campagne française non encore défigurée.

René A.
JEANFOUTRE et LE PRUSSIEN.doc