27 Novembre 2007. Aujourd’hui Nadine Gelas, Vice Présidente du Grand Lyon, réunit les animateurs des Journées Européennes du Patrimoine à l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne. Les responsables se réjouiront, à juste titre, de l’excellente réussite populaire de ces journées de septembre consacrées à la découverte du « temps long » de notre histoire locale. Ils nous feront visiter ensuite l’exposition de la Biennale d’Art Contemporain consacrée cette année à notre « décennie qui n’est pas encore nommée » : nous serons alors immergés dans le « temps court », celui de la création d’aujourd’hui.

Je me réjouis de cette rencontre entre le patrimoine et la création, car j’apprécie à la fois la valeur de notre héritage et l’art de mon temps.

Mais il serait dangereux de faire croire que la totalité des créations du présent est destinée à devenir patrimoine. Il en va de même pour les traces du passé : pour bien valoriser les œuvres, qu’elles soient d’hier ou d’aujourd’hui, il est nécessaire d’exercer son esprit critique, et il faut prendre la responsabilité de faire des choix.

Pour ma part, en ce qui concerne la Biennale 2007, j’ai trouvé plus de qualités aux œuvres réunies par les galeries présentes à la « Docks Fair » que dans le fourre-tout rassemblé par les commissaires à la Sucrière.

Notre civilisation du « blogimage » valorise trop l’instant présent au détriment du temps long. Elle favorise la consommation jetable tout en nous vantant le développement durable. Or, tous comptes faits, le plus durable c’est bien le patrimoine : la preuve, c’est qu’il dure encore !

RÉGIS NEYRET Président-fondateur de « Patrimoine Rhônalpin »