Deuxième fois. La première fois il faisait jour. Il faisait beau, c'était un de ces jours où le début de l'automne était consacré. Les feuilles craquantes par terre, celles sur lesquelles je m'arrange toujours pour y mettre le pied (ccrriikkkk).
Et puis il y a lui. Ce sourire qui m'a embrasée. Moi qui marchais, lui qui conduisait. Moi qui ai esquissé ce timide sourire, pour répondre au sien, franc, mais pas tout à fait sûre qu'il m'était adressé.
Lui. Il conduisait. Il s'est retourné pour me sourire. Fantastique.
Et puis il y a cette autre fois. Il faisait nuit. C'était tout à l'heure, vers sept heures du soir. Lui, encore. Le même regard. Le même sourire. Le feu rouge. Cette fois dans mon sens, il n'avait pas besoin de se retourner. Une seconde, j'arrive. Feu vert. Je lui rends son suorire en me protégeant du froid glacial qui me rosit les joues. Je ne sens plus le froid.
Ma journée se terminera bien. J'ai regardé ma montre, pour faire en sorte de repasser à cette même heure, une autre fois, pour un autre sourire comme celui-là.
Unique fois où les bus m'auront donné le sourire. Pas la route 66, pas sur une Harley les cheveux au vent avec lui, juste lui conducteur du bus n°66.



M.a.