Quelle part de liberté s’autorisait-elle ? Quel degré de courage ?
:: 19:43 :: Ma vie perso ::
L’effet du somnifère agissait encore sur moi. J’ai arrêté la sonnerie du réveil de mon portable à plusieurs reprises. J’ai fini par me lever. A la télé, Dora l’exploratrice parlait anglais. Je le parlais donc avec elle.
Je me suis trouvée plutôt brillante. J’ai avalé un petit-déjeuner, tout ce qu’il y a de plus équilibré : un café soluble trop corsé, un yaourt brassé non sucré, un muffins aux pépites de chocolat, et trois comprimés. J’ai consulté mes mails en mangeant. J’ai effacé la plupart d’entre eux, trop de pub sur mon pc, trop de viagra, trop de « tombés du camion »… J’ai pris ma douche en écoutant le guide télévisuel du shopping. Je suis sortie toute nue de ma douche, je me suis rappelée que les rideaux étaient mal tirés, et j’ai imaginé que mes voisins étaient des gens tordus.
Je me suis habillée un peu à la Charlot, coiffée, maquillée. J’aime dorer mes yeux de noir. Maintenant, j’avais moins de cinq minutes pour être à l’heure convenue devant le métro. Je ne suis partie que sept minutes après ces cinq minutes. 12 minutes. Que fait-on en si peu de temps, excepté être là où l'on doit être ? J’ai regardé mon mobile. Il avait essayé de me téléphoner. J’ai tenté de lui envoyer un texto mais le métro était déjà là, comme à bras ouverts.
Des néons roses, culture « Boum » de mes treize ans, mais personne ne dansait sur Doc Gynéco. J’ai posé là sur le silence, mon casque audio sur mes oreilles, Sheryl Crow fredonnant "If It Makes You Happy"… If it makes you happy It can't be that bad If it makes you happy Then why the hell are you so sad Je suis arrivé comme promis. Je ne me déçois que rarement. Tranquille, flegmatique, j’ai même pris le temps de passer aux toilettes. Un pantalon taille haute, une fermeture éclair, et six boutons plus tard j’étais sortie. Le cours du matin était normal, le professeur faisait des efforts pour rendre le cours le plus attractif possible. Je suis sensible au courage. Elle était touchante dans son rôle de professeur.
Le cours s’est terminé simplement, et nous sommes allés nous renseigner auprès de la personne chargée des relations internationales. Nous, c’est le jeune homme qui me fait sourire le plus rapidement au monde, preuve à l’appui, et elle, ben c’est moi. Envie de donner un coup de pied. L’œuvre d’une fille volage, dans le bon sens, qui essaie de fermer la porte de sa propre chambre. On s’est dirigés vers la cantine. Le laboratoire m’a téléphoné pour que je teste du mascara. J’adore être cobaye, toujours avant-gardiste comme Madonna. J’ai mangé, entourée de mes amis, du poisson en sauce, des épinards frais du marché, une crème catalane, et j’ai bu ma canette Minute Maid.
J’ai mes habitudes névrotiques. On a bu lascivement un café après la pause déjeuner. J’ai blotti ma tête dans le cou de Younes. Les grandes personnes me changent. Et, à deux, on a filé au centre commercial. On devait assister à une conférence sur les passeurs de savoir. Une heure à tuer… et une envie folle de me déguiser. Je suis joueuse. Je suis donc repartie avec une chemise et un pull d’homme parce que Younes m’a exprimé son approbation, et que j’adore Younes. Il a fallu aussi goûter et/ou savourer deux canettes de Schweppes Coco.
La conférence a commencé. Ils étaient quatre à table. Mon attention s’est surtout arrêtée sur la dernière intervenante parce qu’elle avait comme des larmes bloquées dans la gorge. Elle me parlait avec souffrance. Breakdance avec ses doigts, maladroits, malhabiles. Je me suis demandée si elle lisait son texte intégralement ou si ses yeux avaient seulement besoin d’un point d’ancrage. Quelle part de liberté s’autorisait-elle ? Quel degré de courage ?
Lisa
Je me suis trouvée plutôt brillante. J’ai avalé un petit-déjeuner, tout ce qu’il y a de plus équilibré : un café soluble trop corsé, un yaourt brassé non sucré, un muffins aux pépites de chocolat, et trois comprimés. J’ai consulté mes mails en mangeant. J’ai effacé la plupart d’entre eux, trop de pub sur mon pc, trop de viagra, trop de « tombés du camion »… J’ai pris ma douche en écoutant le guide télévisuel du shopping. Je suis sortie toute nue de ma douche, je me suis rappelée que les rideaux étaient mal tirés, et j’ai imaginé que mes voisins étaient des gens tordus.
Je me suis habillée un peu à la Charlot, coiffée, maquillée. J’aime dorer mes yeux de noir. Maintenant, j’avais moins de cinq minutes pour être à l’heure convenue devant le métro. Je ne suis partie que sept minutes après ces cinq minutes. 12 minutes. Que fait-on en si peu de temps, excepté être là où l'on doit être ? J’ai regardé mon mobile. Il avait essayé de me téléphoner. J’ai tenté de lui envoyer un texto mais le métro était déjà là, comme à bras ouverts.
Des néons roses, culture « Boum » de mes treize ans, mais personne ne dansait sur Doc Gynéco. J’ai posé là sur le silence, mon casque audio sur mes oreilles, Sheryl Crow fredonnant "If It Makes You Happy"… If it makes you happy It can't be that bad If it makes you happy Then why the hell are you so sad Je suis arrivé comme promis. Je ne me déçois que rarement. Tranquille, flegmatique, j’ai même pris le temps de passer aux toilettes. Un pantalon taille haute, une fermeture éclair, et six boutons plus tard j’étais sortie. Le cours du matin était normal, le professeur faisait des efforts pour rendre le cours le plus attractif possible. Je suis sensible au courage. Elle était touchante dans son rôle de professeur.
Le cours s’est terminé simplement, et nous sommes allés nous renseigner auprès de la personne chargée des relations internationales. Nous, c’est le jeune homme qui me fait sourire le plus rapidement au monde, preuve à l’appui, et elle, ben c’est moi. Envie de donner un coup de pied. L’œuvre d’une fille volage, dans le bon sens, qui essaie de fermer la porte de sa propre chambre. On s’est dirigés vers la cantine. Le laboratoire m’a téléphoné pour que je teste du mascara. J’adore être cobaye, toujours avant-gardiste comme Madonna. J’ai mangé, entourée de mes amis, du poisson en sauce, des épinards frais du marché, une crème catalane, et j’ai bu ma canette Minute Maid.
J’ai mes habitudes névrotiques. On a bu lascivement un café après la pause déjeuner. J’ai blotti ma tête dans le cou de Younes. Les grandes personnes me changent. Et, à deux, on a filé au centre commercial. On devait assister à une conférence sur les passeurs de savoir. Une heure à tuer… et une envie folle de me déguiser. Je suis joueuse. Je suis donc repartie avec une chemise et un pull d’homme parce que Younes m’a exprimé son approbation, et que j’adore Younes. Il a fallu aussi goûter et/ou savourer deux canettes de Schweppes Coco.
La conférence a commencé. Ils étaient quatre à table. Mon attention s’est surtout arrêtée sur la dernière intervenante parce qu’elle avait comme des larmes bloquées dans la gorge. Elle me parlait avec souffrance. Breakdance avec ses doigts, maladroits, malhabiles. Je me suis demandée si elle lisait son texte intégralement ou si ses yeux avaient seulement besoin d’un point d’ancrage. Quelle part de liberté s’autorisait-elle ? Quel degré de courage ?
Lisa

