Au mendiant du pont de l'université
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Mon cher mendiant, Toi, que j’aperçois tous les jours au bout du pont de l’université, tu es habillé d’un pantalon ocre en velours côtelé, ton pardessus est gris et tâché dans le dos. Avec le froid, tu as rabattu ta capuche sur ta tête grisonnante, je ne distingue de ton visage halé que ta barbe grise, ton sourire radieux et tes yeux rieurs. Tous les jours c’est une joie pour moi de te voir nous saluer, nous, pauvres fous qui nous précipitons à grands coups de klaxon sur notre lieu de travail. Tu as une façon de quémander qui enlève à ce geste son côté honteux. Tout en souriant, tu frappes aux carreaux des voitures. Tu fais de grands signes pour montrer que tu ne veux pas de mal, tu désires simplement un petit quelque chose qui te mettra du baume au cœur, comment te résister. Ce matin tu m’as dit en me baisant la main :"toi ! es crè joulie ! "…. Que celui qui te manque de respect sois banni de cette terre. Je ne sais d’où tu viens, sans doute un pays imaginaire où la seule loi serait : "Donner de la joie autour de soi" Je ne sais où tu habites, sans doute une cahute près de fourvière. Chaque matin en te levant tu admires cette ville et ces habitants auxquels tu vas redonner le sourire. Peut être es tu un magicien ou un ange envoyé par le Très haut pour nous aider, nous pauvres humains à affronter les soucis de chaque jour. Si c’est le cas, je te demande une faveur : Envole toi jusqu’au bâtiment du Grand Lyon et pose toi au service des boites et dis à Maximus que j’ai le cœur meurtri de ne pas être celle qui lui est destinée. A demain
Teck
Teck

