Le 27 novembre n’est pas un jour ordinaire. Il regorge d’espoir, de rêve, de lassitude, de résignation, de fantasme, d’excitation, de déception. Chaque jour qui passe m’éloigne de lui. Chaque jour qui arrive me jette sur sa route.
Il suffit que je l’oublie un peu pour qu’il surgisse au coin d’une rue : là sa main autour de ma taille, furtivement, ici un baiser volé dans la pénombre. Si je concentre mes pensées sur mon chemin, ce sont mes doigts qui se souviennent de lui.
Si je mets mes poings au fond des poches, c’est ma bouche qui cherche sa chaleur. Si je serre les lèvres ce sont mes hanches qui se balancent au rythme d’un souvenir. Il est hors de question d’être malheureuse.
Je préfère grappiller des petits morceaux de lui quand il veut bien se poser près de moi. Je ne l’attends pas, je vis en parallèle. Deux chemins, un confortable mais ennuyeux ; chaleureux mais routinier. L’autre rare mais nourrissant, fait de séduction et d’abandon.
Être enfin celle que je suis. Comme si je le connaissais d’avant. Le 27 novembre est un jour ordinaire. Je vais lui écrire. Il ne va pas répondre. Faudra-t-il que je trace ma propre ligne de chance pour avoir l’espoir de le revoir ? Le 27 novembre, j’écris à mon amoureux, mon amant, mon ami, mon frère et j’espère qu’il pense à moi.
Zan