Mon grand-père a fait ses études de mécanique à Lyon puis s'en est retourné chez lui. il n'est jamais revenu à Lyon, deux ou trois fois en métropole, juste pour défendre la patrie, à verdun, dans la somme aussi 4 ans on le temps de voyager si l'on n'est pas tué, bref là où il ne faisait pas bon de "vivre" mais c'était tellement terrible de mourir jeune, sans avoir connu ce que la vie peut apporter.
J'étais petit, il ne m'a pas parlé de la guerre, de ses voyages ici, il n'évoquait que cette ville, lyon la plus belle ville de France...ce qu'il a vu ailleurs, sans ironie était tellement dévasté... alors moi quand je me promène dans cette ville je ne peux pas m'empêcher de penser à lui, et je me demande si je suis en train d'arpenter ce trottoir, traverser là où il traversé...
Il s'appelait Armand, c'était le père de mon père. De lui j'ai sa montre de gousset, et l'album des photos de sa guerre avec le visage des compagnons d'armes "morts au combat". Aujourd'hui, Catherine est rentrée dans ma vie et si elle le veut, on ira encore voir cette belle ville, puis quand le soleil déclinera, que l'ocre des façades se teintera de gris, nous nous arréterons de marcher, et là, nos lèvres se rapprocheront pour échanger ce baiser que les romains appelaient "savium".
Philippe Cheyden