Épuisement
:: 15:07 :: Exercices de style ::
6h30, le réveil sonne
Un pied, deux, dans le noir jusqu'à la salle-de-bain. Lumière, vision brouillée, Oublions le miroir pour l'heure. Douche, Stop, Linge, Friction peau cheveux.
Habillage, Entartage de crème énergique sur le visage, lourdement inspiré par le sifflement du vent dans les interstices de la façade. Salle-de-bain quittée pour le salon où le chien entame sa danse rituelle de bienvenue.
Une caresse, chaussures, manteau, laisse, clé, sac-à-crotte, c'est parti pour la balade matinale, 6h43. Il fait nuit, un froid sec nous accueille. Un flot de voitures interrompt notre chemin. Attente du bonhomme rouge, pour finalement se voir accorder, par la trêve des roulants, une dérogation toute personnelle. Sur l'autre rive, le chien est lancé machinalement, mû par la routine.
Il renifle les signes des plus matinaux, se dégourdit les pattes avant de s'enquérir d'un coin sûr où se soulager. L'amas de feuille a bien souvent ses faveurs, l'art d'uriner dans ses pattes en les gardant au sec.
6h54
mi-balade
On est dans les temps. Après une salutation courtoise aux travailleurs matinaux de la voirie, amorce du tour du pâté de maisons, droite toute. L'immeuble en ligne de mire. Dernière chance pour le chien de se délester pour la journée. Position de largage dans le caniveau, effacement de toute trace d'un coup de sac-à-crotte. Sur la fin du trajet, une légère petite faim commence à se faire sentir. On accélère le rythme.
7h02
Libération du furet, désharnachage du chien qui se réfugie dans son panier avec une chaussette. Radio, thé, lait-pomme, flocon d'avoine. La gavage commence, partagé par le furet qui lape dans le bol. 20 min de mastication obsessionnelle.
7h20
Brossage de dent. À quatre pattes, la tête dans la cage : nettoyage de la litière du furet. Lui court, ratasse, explore, pousse les couverts séchant sur le rebord dans l'évier dans un fracas mobilisateur (c'est sans doute bien là le but recherché).
7h40
vaisselle
7h50
bus
Toujours la même place, au fond dos à la route, bien calée, dégainage du bouquin, plongée de 20 min hors du temps, dans l'ignorance totale du flot qui s'agite, monte, descend... piquage de nez dans les lignes qui rattrapent péniblement la lectrice dans leur filet. Capitulation, livre fermé, rangé, l'arrêt final est attendu passivement. 8h15, le voilà, rejetée à la rue, marche vive de 10 min qui éveille avant de voir le mouvement délaissé pour une activité mentale dans un bureau qualifié par les collègues de couveuse du fait de sa température jugée par certains excessive qui sied pourtant parfaitement à une posture statique de 7h30. Je me fige donc.
Camila
Un pied, deux, dans le noir jusqu'à la salle-de-bain. Lumière, vision brouillée, Oublions le miroir pour l'heure. Douche, Stop, Linge, Friction peau cheveux.
Habillage, Entartage de crème énergique sur le visage, lourdement inspiré par le sifflement du vent dans les interstices de la façade. Salle-de-bain quittée pour le salon où le chien entame sa danse rituelle de bienvenue.
Une caresse, chaussures, manteau, laisse, clé, sac-à-crotte, c'est parti pour la balade matinale, 6h43. Il fait nuit, un froid sec nous accueille. Un flot de voitures interrompt notre chemin. Attente du bonhomme rouge, pour finalement se voir accorder, par la trêve des roulants, une dérogation toute personnelle. Sur l'autre rive, le chien est lancé machinalement, mû par la routine.
Il renifle les signes des plus matinaux, se dégourdit les pattes avant de s'enquérir d'un coin sûr où se soulager. L'amas de feuille a bien souvent ses faveurs, l'art d'uriner dans ses pattes en les gardant au sec.
6h54
mi-balade
On est dans les temps. Après une salutation courtoise aux travailleurs matinaux de la voirie, amorce du tour du pâté de maisons, droite toute. L'immeuble en ligne de mire. Dernière chance pour le chien de se délester pour la journée. Position de largage dans le caniveau, effacement de toute trace d'un coup de sac-à-crotte. Sur la fin du trajet, une légère petite faim commence à se faire sentir. On accélère le rythme.
7h02
Libération du furet, désharnachage du chien qui se réfugie dans son panier avec une chaussette. Radio, thé, lait-pomme, flocon d'avoine. La gavage commence, partagé par le furet qui lape dans le bol. 20 min de mastication obsessionnelle.
7h20
Brossage de dent. À quatre pattes, la tête dans la cage : nettoyage de la litière du furet. Lui court, ratasse, explore, pousse les couverts séchant sur le rebord dans l'évier dans un fracas mobilisateur (c'est sans doute bien là le but recherché).
7h40
vaisselle
7h50
bus
Toujours la même place, au fond dos à la route, bien calée, dégainage du bouquin, plongée de 20 min hors du temps, dans l'ignorance totale du flot qui s'agite, monte, descend... piquage de nez dans les lignes qui rattrapent péniblement la lectrice dans leur filet. Capitulation, livre fermé, rangé, l'arrêt final est attendu passivement. 8h15, le voilà, rejetée à la rue, marche vive de 10 min qui éveille avant de voir le mouvement délaissé pour une activité mentale dans un bureau qualifié par les collègues de couveuse du fait de sa température jugée par certains excessive qui sied pourtant parfaitement à une posture statique de 7h30. Je me fige donc.
Camila

